lundi 10 janvier 2011

Le cabossé

Ce n'est pas ce que l'on voit.
Ce silence alourdi ponctué de cris sourds. Un visage éventré, un angle mort ou s'enfoncent des doigts atrophiés, rongés.
Reconnaissant le gonflement de ses veines, la torsion de son cou, la gravité de sa voix, je me recroqueville autour de sa carcasse.
A travers l'écaillure de ses bosses, comme une étrange ramure biscornue, des centaines de mains creusent une ride, toujours plus profonde, toujours plus douloureuse.
Et puis, se détachant de ce corps, un rire fourbu s'enracine dans le sol. La terre retournée, épaisse, crache ses morts.
Demain, il sera là, agenouillé sur son ombre, au milieu de tous, invisible de tous.
à Eric, 14 août 2010.

Eric Lacombe :

6 commentaires:

Nicolas a dit…

Oh, ça me plaît toujours autant ! L'intrication du corps et de la nature à travers la souffrance réveille ma sensibilité pour le romantisme noir ! Du bien beau travail...

Laurent Fièvre a dit…

Merci M'sieur ! Ca me touche !

Nanoo G. a dit…

Superbe.

Anonyme a dit…

très beau
Hann R

Laurent Fièvre a dit…

Roooooh...
encore merci Nanoo...
encore merci Hann.

Russell 'C.J.' Duffy a dit…

Fantastic!

Like Dave McKean.